
Article paru dans le hors série de Casus Belli consacré aux jeux de plateau.
Le Grand Chambellan est le maître de jeu (MJ). Il "anime" la partie : rappel la phase de jeu en cours, distribue la parole aux joueurs, gère le temps lors de la phase "négociations". Pour l'aider dans cette tâche, il trouvera au bas de la feuille de marque "Le Grand Registre des Courtisans" une aide de jeu très pratique. Il veille au respect de l'étiquette. Sans étiquette, point de vie de cour ! Si le joueur n'a pas d'argent, on note en négatif les pénalités dans sa colonne fortune, il a des dettes ! Le Grand Chambellan donne de temps en temps l'état de la fortune de chacun. Précisons que si au cours du tour, son personnage meurt, le joueur reste Grand Chambellan. Concernant les pénalités je rappelle qu'il n'y a que trois cas à sanctionner (nom, titre, charge, dignité ; sexe ; tutoiement). On peut aussi sanctionner les grossièretés qui ne sont pas d'époque. A la discrétion du Grand Chambellan ou d'un accord entre joueurs. A propos du "parti", il ne s'agit pas ici de la nationalité du joueur. Tous les acteurs dans Courtisans sont français (même le roi !). Seule la reine est originaire d'un autre pays. Il ne faut donc pas prendre un nom à consonance anglaise si on est du parti anglais. On peut donner de l'argent à un autre courtisan. Le Grand Chambellan fait l'écriture sur la feuille de marque. On ne peut donner que l'argent que l'on possède ! On peut jouer "blessure de guerre" contre le roi, et "accident de chasse" ou "poison" contre le roi ou la reine. C'est l'intérêt des courtisans qui n'ont pas la cote et qui espèrent être mieux apprécier d'un nouveau souverain. On peut essayer de se "suicider" en jouant contre soi "poison", "accident de chasse", "blessure de guerre". Ne pas jouer trop rapidement la carte "Vous avez gagné au jeu". C'est un fabuleux joker en fin de partie. A la surprise générale vous pouvez marquer les points qui vous manquent. Il n'y a pas d'erreur d'impression sur la carte "La guerre est perdue". Dans le texte on trouve en effet "Secrétaire d'Etat à la Guerre - 2" et "Maréchaux + 3". Le secrétaire d'Etat est pénalisé, il a la responsabilité politique de l'échec. Le maréchal n'est pas mis en cause, au contraire, il s'est bien battu ! Je fais ici allusion à la triomphante réception organisée par le roi Louis XIV pour le maréchal de Villeroy après une cuisante défaite militaire. Il s'agissait pour le roi de ne pas montrer sa déception, de garder la tête haute. Autre allusion historique avec la carte "Le roi apprécie votre adresse au billard. Vous +3". Il s'agit ici de Chamillart, amené à la cour et présenté au roi parce qu'il jouait très bien au billard. Il deviendra par la suite un ministre très important (les finances, la guerre). Pour la réalisation de ce jeu, je me suis inspiré des "Mémoires" du duc de Saint-Simon. Lecture que je recommande à tous ceux qui pensent que l'ambiance (cabales, secrets d'alcôve, trahisons) vécue au cours d'une partie de Courtisans, serait éloignée de la réalité historique. De la même manière, le film de Roger Planchon "Louis, enfant roi", montre combien Courtisans est surtout un extraordinaire jeu de simulation !